Allez, je vais prendre la demi-heure nécessaire pour immortaliser le premier voyage d'Antoine dans son pays d'origine.
Les circonstances n'étaient vraiment pas optimum, même si on savait son grand-père très malade, on espérait qu'il "tiendrait" quelques semaines de plus, et on venait juste de payer les billets d'avion pour un départ le 19 décembre (la peau des fesses, parce que c'est haute saison).
Malheureusement, Lolo nous a quitté le 15 novembre, donc changement de programme.
Il faut ré-organiser les billets d'avion, et bien évidemment ajouter encore quelques centaines de dollars (ou d'euros) pour pouvoir partir rapidement.
On nous donne le choix entre 2 dates, départ le vendredi soir pour une arrivée le samedi, ou le samedi soir pour une arrivée le dimanche. Chaton choisit la deuxième option, parce que le transit à Kuala Lumpur ne dure que 2 heures contre 8 heures pour le départ le vendredi. Je ronchonne un peu, l'enterrement est prévu pour le dimanche matin, et ça ne me plait pas d'arriver après alors qu'on vient pour ça. Chaton y se range finalement à mes arguments, et on croise les doigts en espérant que l'aéroport de Kuala Lumpur ne soit pas minuscule et ennuyeux.
Il ne l'est pas du tout, et c'est tant mieux parce que ... on y est resté au final 10 heures, le second avion ayant du retard. On a donc eu tout le temps de le parcourir en long, en large et en travers, de jouer dans l'aire réservée aux enfants, d'admirer les travaux destinés à accueillir l'A380, pour Antoine de découvrir les joies du tapis roulant (et pour son père celles du tapis roulant qui ne se met en marche que quand quelqu'un monte dessus, j'amuse mes petits hommes avec un rien, comme vous pouvez le voir).
Au final, ce voyage Sydney - Kuala Lumpur - Manille nous a non seulement coûté autant que d'aller de Sydney à Paris, mais le temps de voyage est également le même. Chaton ne pourra plus se plaindre que mes parents habitent à l'autre bout du monde.
Arrivée à Manille dans la soirée, réception à l'aéroport par Tito Albert et sa copine Elaï, il fait une châleur terrible, la route pour parcourir les quelques kilomètres pour aller à la maison familiale est bien embouteillée, mais bon rien d'étonnant, c'est Manille ...
On fait une petite pause à la maison, histoire de poser les valises et dire bonjour à Lola ("Mamie" en tagalog), et on repart pour le funérarium, il y a veillée funèbre depuis le jeudi. On hésitait un peu avec Chaton, lui voulait y aller bien sûr, moi aussi, mais je me voyais mal emmener Antoine là-bas (pas trop sa place) ou le laisser dès notre arrivée aux mains d'"inconnus". Mais Tito Albert a tranché, on y va tous, Antoine a lui aussi le droit de voir son grand-père.
On l'a donc vu (cercueil ouvert bien évidemment), et c'était une grande première pour lui comme pour moi. Antoine n'a pas semblé perturbé du tout, il s'est bien amusé avec les fleurs, a fait connaissance avec les amis de la famille et quelques lointoins cousins et s'est éclaté avec Linda, la "bonne à tout faire" de la famille.
Et puis retour à la maison vers 10h du soir, Antoine reste un bébé malgré tout et a besoin d'un bon dodo.
Les choses se gâtent un peu, j'avais demandé à Chaton y qu'il essaye d'organiser 3 petites choses : un siège-auto pour la voiture, une chaise haute pour les repas, et un lit-bébé.
Les deux premières n'ont même jamais été mentionnées, ici les enfants voyagent sur les genoux des adultes (en un sens ça m'arrange, parce qu'entendre Antoine pleurer pendant des heures dans son siège-auto, j'avoue que ça me fend un peu le coeur), ils prennent leur repas sur les genoux des adultes (j'apprécie nettement moinsn c'est pas très facile de viser la bouche quand on ne la voit pas, mais il n'y a pas mort d'homme). Quant à la troisième, Tito Albert s'est effectivement procuré un lit de voyage ... mais ce dernier est cassé et impossible à déplier. Ce sera donc co-dodo pendant tout le séjour, Antoine entre Papa et Maman.
Sauf que le lit n'est qu'un lit double, donc pas très très large. Et qu'Antoine a l'habitude de prendre ses aises et de remuer toute la nuit. Et que ce n'est pas la proximité de Papa ou Maman qui vont l'en empêcher. On va donc passer deux longues semaines à se prendre des claques et des coups de pied à longueur de nuit (le pire, ce sont les coups de pied dans le visage, Antoine ayant le chic pour se mettre en transversale tout en haut du lit), à se faire réveiller toutes les 3 heures en gros parce qu'Antoine n'a pas la place nécessaire pour se retourner (et pour éviter de réveiller toute la maisonnée, monsieur avait droit à une petite ration de lait maternel, mauvaise habitude !!!), ou bien parce qu'il est tout simplement tombé du lit (oui oui, même en étant entre nous, tout simplement parce qu'à force de se retourner il s'est retrouvé avec sa tête à nos pieds et qu'il a continué ses mouvements de glissement alors qu'il n'y a pas de "pied de lit" pour l'arrêter - fort heureusement ce n'est arrivé qu'une fois, et le lit n'est pas bien haut), tout en ayant toujours droit au réveil à 5h30 ou 6h00 du matin, qui semble encore plus matinal quand on est dans une maison étrangère avec rien à faire de la journée.
D'un autre côté, comme d'une part les coqs se mettent à chanter très tôt (certains dès 3h00 du matin) et que tous les voisins ont au moins 2 coqs, et que d'autre part l'accès a l'eau public ne fonctionne en gros que de 3h30 à 4h30 du matin (le reste de la journée, le robinet reste sec - fort heureusement toutes les maisons sont équippées de grands réservoirs d'eau pour pouvoir bénéficier de l'eau courante toute la journée) et qu'il faut donc remplir toutes les gamelles d'eau à ces heures-là, ce qui suppose pas mal de bruit, un peu plus d'animation ou pas, ça ne change pas grand chose.
Vous l'aurez compris, les nuits dans la maison des Chats ne sont pas très reposantes.