02 janvier 2007

Voyage à Manille - Quatrième partie

Je parlais donc la dernière fois du village où habite les parents de Chaton. Soyons clair, ils n'habitent pas à la campagne. Ils habitent bien à Metro Manila, la capitale des Philippines, qui est composée de 16 municipalités, dont Parañaque (là où vie la famille Chat) qui se trouve au sud.
 
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Il y a environ 450 000 habitants, et oui, ça change de mon petit village briard natal et ses 2500 habitants!!!
C'est donc une grande ville en soi, divisée en 16 districts. Celui où habite les Chat s'appelle San Antonio (en bleu clair en bas à droite)

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Et ce district est lui-même divisé en 3 villages (oui, oui, on y arrive ...), San Antonio Valley, Malacañang Village et Barangay Village. Et c'est dans ce dernier que se trouve la maison de famille (en fait, le nom est un peu débile, car "Barangay" ça veut dire village, donc le nom de leur village c'est "Village village").
Chaque village est censé être plus ou moins gardé, avec un contrôle des voitures qui entrent et qui sortent. Ca fonctionne bien dans les villages "chics" (c'est-à-dire les villages dans lesquels les frais de gestion et entretien sont bien élevés), mais c'est loin d'être aussi strict dans les autres (et donc dans le Barangay Village on entre et on sort comme on veut).
 
Sur place, j'ai pris contact avec une association de Français(es), pour tâter un peu l'ambiance. La personne m'a répondu très rapidement, et nous sommes donc allés lui rendre visite, histoire que je me rende un peu mieux compte de ce qui allait m'attendre quand on ira s'installer là-bas, ce que je pouvais espérer comme style de vie, comment occuper les journées etc ...
B. nous a reçus dans sa magnifique maison de Ayala Alabang Village, un des villages très chics de Metro Manila. Son mari travaille pour une société française, qui en plus de payer un très bon salaire et une bonne assurance-maladie, prend aussi en charge la location de la maison (5 chambres, 7 salles de bains, piscine), les 2 voitures et chauffeurs, le jardinier, la bonne à résidence, l'école privée des 3 enfants.
Bref, des conditions de vie très sympas, ce que malheureusement je n'aurai pas (sauf si on gagne au loto bien sûr).
Avec ça, très gentille, cette B., très simple, et tout à fait consciente de la chance qu'elle a de mener cette vie, et du fait que ça ne se reproduira sans doute jamais pour eux (ils sont là a priori pour 2 ans seulement). C'est leur première expatriation en Asie, donc ils en profitent pour voyager à droite et à gauche, aux Philippines bien sûr, mais aussi en Thailande, Chine, Indonésie, etc ... Les petits veinards !!!
En tout cas, elle est super enthousiaste sur les Philippines (mais d'un autre côté, comme elle n'a jamais vécu dans un autre pays asiatique - seulement en France et en Grande-Bretagne - elle n'est peut-être pas trop à même de comparer avec ce qui se passe ailleurs). Et apparemment la communauté française là-bas (1300 personnes immatriculées à l'ambassade) est assez active, et dans l'ensemble sympathique. Ouf !!!
 
J'avoue que cette visite (et les 2 semaines passées à Manille) m'ont largement rassurée sur notre installation là-bas.

La suite de nos aventures très bientôt ...
  
  

31 décembre 2006

2006 et moi

C'est l'heure des bilans, alors en quelques mots, ce qu'on retiendra de l'année 2006
 
Janvier : bras cassé
Février : Belle-maman à demeure
Mars : Rééduc à gogo
Avril : Enfin tous les trois
Mai : Visite à Hong Kong, visite en France
Juin : France toujours, puis back home !!!
Juillet : Un neveu avec nous, visites à gogo dans Sydney
Août : Déménagement
Septembre : Ouf, du calme, on reprend notre rythme. Et Antoine marche !!!
Octobre : Antoine fête une année de présence parmi nous en compagnie des wallabies
Novembre : Lolo nous quitte et Antoine découvre le reste de sa famille
Décembre : Calme, calme, calme, Antoine fête son premier vrai Noël en ouvrant avec plaisir ses cadeaux
 
Et la raison pour laquelle 2006 ne restera pas dans les annales comme une très bonne année : ajoutez 2 mois de belle-mère, 1 semaine à Hong Kong, 3 semaines en France à vivre dans la famille, 1 mois de neveu, 2 semaines aux Philippines dans la famille à nouveau, un bébé au sommeil léger et trop court et un boulot très prenant, et vous obtenez ... de très regrettables économies en boîtes de préservatif.
Allez, souhaitons que l'année 2007 nous soit plus favorable.
 
Meilleurs voeux à tous de la famille Chaton !!!

30 décembre 2006

Futur champion olympique ?

Ca serait bien, parce que je crois que les Philippins n'en ont pas beaucoup.

 

 

27 décembre 2006

Dernier Noël à Sydney

Si tout va bien, et qu'on déménage finalement comme prévu cet hiver (ou plutôt cet été, ça dépend d'où on regarde).

Comme l'année dernière on était tous les trois tous seuls, avec un Chatounot un peu plus actif cependant, qui a participé à l'ouverture des cadeaux, et a été ravi de tous ses présents !!! Père Noël avait longuement réfléchi à la question et il semble avoir fait les bons choix (bon en fait, tout s'est décidé en moins d'un mois, à notre retour de Manille, et on s'en sort plutôt bien sans avoir trop couru les magasins).

Petit problème : la console Leappad ne fonctionne pas avec notre lecteur de DVD, c'est un peu la cata (l'avantage, c'est qu'Antoine ne s'en rend pas compte du tout, et que ça ne l'empêche pas de jouer avec les boutons). On hésite entre acheter un nouveau lecteur (en fait, j'en ai déjà acheté un autre ce matin même, qui lui non plus ne fonctionne pas), ou rendre le jeu. Un peu frustrant quand même ...

On a fait un simili repas de Noël avec J., une compatriote de Chaton, infirmière dans le même hôpital que lui, tout comme l'année dernière d'ailleurs. Sauf que l'année dernière, son mari et sa belle-fille étaient là eux aussi. Et que cette année, le mari passe Noël aux Philippines où il est "obligé" de passer une (ou deux, je ne sais plus) année.
Et oui, ce charmant couple a adopté le fils de la soeur de J. il y a 3 ans. Et pour que le bambin (enfin si on veut, il a quand même déjà 12 ans) puisse venir en Australie, le mari de J. est dans l'obligation de passer un certain temps avec lui dans son pays d'origine (je sais, c'est un peu confus, il faudrait que je me fasse reconfirmer les détails par Chaton).

Donc bref, après ce dîner, je me dis que certaines personnes aiment bien les challenges. Cette jeune femme (à quelques années près mon âge) est mariée avec un homme qui pourrait être son père (une bonne soixantaine d'années), belle-maman de 2 enfants de son âge ou presque, a adopté un garçon déjà grand il y a 3 ans (qui a toujours bien évidemment des contacts avec ses parents et ses soeurs et qui va passer du jour au lendemain de la vie philippine à celle bien différente qu'on peut avoir en Australie), et a pour projet pour l'année 2007 un bébé.

Honnêtement, à côté de ça, ma vie semble toute plan-plan et mes projets bien mornes.
Elle a la pêche, elle s'interroge quand même un peu sur la relation qu'elle pourra développer avec son fils-neveu, mais elle y croit (et je crois qu'elle s'en sortira). Bonne chance à eux tous !!!

Voilà, sinon on a essayé aujourd'hui la piscine avec l'option "pas de caca", ça s'est bien passé, il a juste lâché un bon gros pipi dans les vestiaires juste après que je lui enlève sa couche, on s'en sort donc très bien. Vivement qu'il contrôle ses sphincters et sa vessie !!!

26 décembre 2006

Voyage à Manille - Troisième partie

Une petite anecdote sur le manque de respect d'Antoine envers son Lolo (ou bien sur la complicité qui les unit, ça dépend comment on voit ça) : la famille avait fait à la maison une sorte de petit autel à la mémoire de Lolo, avec une belle photo de lui, une petite croix (le côté catholique de la famille - Tonton Albert est semble-t-il très croyant, Tonton Andrew beaucoup moins, et Chaton pas du tout), et une corbeille de fruits avec des bananes et du raisin (ça c'est le côté vietnamien - Lola a hésité à faire brûler de l'encens, mais ça sent un peu fort quand même).
Toute la famille se réunissait les premiers soirs pour prier devant ce mini-autel, pendant les 9 premiers jours (c'est la tradition catholique aux Philippines, qui culmine le 9ème jour par une prière plus générale avec quelques amis, suivie d'une collation, les Philippins pensent toujours à leur ventre).
Et bien Antoine allait régulièrement piquer du raison à son grand-père, malgré notre surveillance de tous les instants !!!
 
De la surveillance, il en fallait effectivement beaucoup, parce que la maison des grands-parents n'est pas vraiment sécurisée pour un petit enfant. A leur décharge, il est vrai que notre arrivée a été un peu imprévue, et qu'ils avaient la tête à autre chose que préparer la maison pour l'arrivée du petit monstre.
Et puis quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, rendre une maison totalement sûre pour un bambin, c'est mission impossible.
Je passerai donc sur les fils électriques bien en évidence et bien tentateurs pour Antoine, tout en notant que l'installation électrique n'est pas vraiment excellente, comme en témoignent les décharges que Tonton Andrew se prenaient régulièrement en branchant l'ordinateur.
Je mentionnerai juste rapidement les dizaines de bibelot rapportés de divers voyages par la famille, exhibés sur la table basse ou des étagères à hauteur de bébé. Lola a réagi au bout d'une semaine en demandant à Linda de mettre en hauteur tous les petits sujets en céramique, ouf !!!
Aller jouer dans la cour demandait une surveillance particulière. Comme je l'ai mentionné précédemment, l'approvisionnement en eau est assez spécial. L'eau du réseau public ne fonctionne pas 24h sur 24, et il y a donc 2 réservoirs d'eau assez grands (et en hauteur heureusement) pour avoir de l'eau dans la cuisine et dans la salle de bains tous les jours ou presque (c'est en fait un camion-citerne qui vient les remplir, et entre le moment où on s'aperçoit que le réservoir est vide et celui où le camion arrive, ben on est sans eau - heureusement qu'il y a 2 réservoirs).
Le problème, c'est pour la lessive. Il y a bien une machine à laver, mais Lola préfère ne pas l'utiliser pour les vêtements, car ça use le linge. C'est donc lavage à la main pour tout le linge ou presque. Et ça demande beaucoup d'eau. Il y a donc tout un tas de jerrycan, baquets, poubelles, etc ... remplis d'eau (et c'est donc pour ça qu'une personne se lève régulièrement à 4h00 du matin pour les remplir - et tant pis pour le bruit). Et comme la plupart des enfants, Antoine ne peut s'empêcher d'aller barboter dès qu'il voit ne serait-ce qu'une flaque. Il fallait vraiment avoir un oeil sur lui constamment, même si Antoine est assez à l'aise dans l'eau, une noyade est vite arrivée.
 
Mais là où j'ai eu la plus grosse crainte a posteriori, c'est le matin où Antoine et moi étions seuls à la maison et où je me suis décidée à faire une petite séance photo. On était tous les deux dans la cuisine, et Antoine s'amusait à transvaser les pommes de terre d'une gamelle à une autre. Je m'installe donc à quelques pas et je commence à le mitrailler. Pas très facile car la cuisine est assez sombre (comme je l'ai dit l'installation électrique n'est pas super, et il semblerait que toutes les lumières de la cuisine ne fonctionnent pas). Antoine continue son petit jeu, puis décide de s'asseoir un peu plus loin en jouant avec quelques ustensiles de cuisine posés en bas d'une étagère. Je relève le nez de mon appareil après quelques photos, pour m'apercevoir, horreur, que les ustensiles en question n'étaient autres que les couteaux à viande et autres hachoirs. Heureusement pas de coupure, mais franchement on aurait pu aller à la catastrophe.
 
Bon, d'un autre côté, comme il n'y avait pas beaucoup de jouets à la maison (juste 3 ou 4 qu'on avait apportés), il fallait bien qu'Antoine les remplace par autre chose.
 
C'est vrai qu'on s'est un peu ennuyé tous les trois, surtout les premiers jours parce qu'on n'avait pas de voiture. Le tour de la maison est assez vite fait quand même, aller admirer la poule dans le jardin, ça va bien 5 minutes, mais ça n'occupe pas les journées.
Alors Antoine et moi allions nous promener dans la rue. Pas de trottoir dans ce quartier, on joue en direct sur la chaussée, en se poussant de temps en temps quand passe une voiture ou une moto-taxi. Les rues sont assez animées bien que ce soit un quartier résidentiel sans commerce : entre les chiens et les chats sauvages, les enfants, les "bonnes" qui se retrouvent pour papoter, les coqs, le petit singe des voisins et les passants, on avait pas mal de choses à admirer. Dommage qu'Antoine soit encore un peu trop réservé pour aller jouer avec les petits enfants, ça l'aurait bien occupé (en fait, ce ne sont pas les enfants qui l'intimident, mais les adultes qui sont avec eux). J'avoue que je gardais quand même Antoine sous haute surveillance, d'une part parce que les chiens sauvages sont réputés pour attaquer de temps en temps (c'est ce qu'on m'a dit, mais je n'en ai pas fait l'expérience), et d'autre part à cause d'une petite chûte d'Antoine : il était en train de marcher tranquillement, quand il a soudain perdu l'équilibre pour atterrir ... dans la boue du caniveau. Et comme le dit Chaton, un caniveau c'est déjà pas bien propre, mais alors un caniveau manillais, c'est encore pire !!!
Ces petites promenades nous ont permis de faire quelques rencontres, les Philippins sont plutôt accueillants et curieux, ça tape la discute.
Le voisin me raconte que lui aussi comme Lolo a travaillé au Vietnam à la même époque, qu'il avait projeté d'épouser une Vietnamienne (comme Lola donc), mais que sa famille le lui avait fortement déconseillé, apparemment pas très chaude sur les Vietnamiens, et qu'il s'était donc marié à une Philippine (était-ce un message à propos de Lola ?)
Un monsieur dans la rue me demande si le petit est bien le petit-fils du défunt Jesus "Chat". Euh oui, mais comment il sait ça ? (bon peut-être parce que j'étais la seule Occidentale à habiter dans le quartier)
Tout le monde essaye de jouer avec Antoine ou au moins d'obtenir un sourire (peine perdue, monsieur jouait le timide).
Bref il règne une bonne ambiance dans le village où habite la famille Chat...