22 septembre 2006

Réflexions diverses

Allez, histoire de se défouler un petit peu, une petite sélection des remarques que je préfèrerais ne pas avoir entendues :

- "Faut couper le cordon, Mylène", tout ça parce qu'à 8 mois Antoine est toujours allaité. Ben oui, désolée, c'est le lait qui convient le mieux à Antoine, il aime ça,  ça ne me dérange pas, j'ai le temps pour ça, et ça ne nous empêche pas de continuer à vivre (au contraire, le sein est ce qui reste de plus pratique pour les voyages).
Et oui, le cordon a été coupé, à sa naissance. Je n'ai jamais considéré Antoine comme une partie de moi (même si j'ai parfois l'impression d'avoir un bébé ou une poussette greffé sur moi), mais bien comme un petit individu avec sa propre vie et ses propres besoins et envies.

Antoine a maintenant 11 mois, est toujours allaité, et ne goûtera pas le lait de vache avant ses 1 an (ce qui ne nous empêchera pas de continuer l'allaitement si on en a envie tous les deux d'ailleurs).

 

- "Il ne veut être qu'avec toi, tu devrais le mettre à la crêche". Ca me semble vraiment normal qu'un petit qui se retrouve dans un environnement tout à fait inconnu, entouré de nouvelles têtes, se retourne vers les seules personnes qu'il connait, ses parents. En le laissant souffler 5 minutes et en lui donnant le temps de s'acclimater,  il devient comme tous les petits enfants de son âge, prêt à aller avec les autres, sauf quand il est de mauvais poil, et bien sûr il a toujours une petite préférence pour son papa et sa maman.

 

Suite au prochain numéro quand on aura 5 minutes ...

11 septembre 2006

Reprise ? (suite)

Pour continuer dans la série "bilan" commencée hier :

- Mon moral : est bon, toujours un peu en dents de scie, avec une baisse notoire tous les 6 mois en gros (dépressive chronique, moi ? Si peu ...)
Le retour de France a été un peu difficile, être sans arrêt entourés, avoir toujours des personnes à voir, et se retrouver subitement à trois, avec pas ou peu d'amis sur place, ça demande 2 ou 3 jours de réadaptation.
Et puis je pense au Chatounot, qui n'a pas la chance de profiter beaucoup de sa famille, de ses grands-parents, de ses oncles et tantes et de ses cousins, et ça me fait de la peine pour lui, car je me rappelle combien j'appréciais ces moments dans mon enfance.
Enfin bon, d'ici quelques années, les choses devraient s'améliorer et il devrait pouvoir au moins profiter à fond de sa famille aux Philippines.

C'est beau-frère numéro 4 qui nous a reconduits à l'aéroport, mais mon père a tenu à nous accompagner aussi, je pense qu'il était triste de voir Antoine repartir (il ne m'a jamais conduit là-bas !!!).

Mais bon, c'est la vie, on fait des choix, il faut les assumer, et on fait le nécessaire pour qu'Antoine ne patisse pas de ça.

La solitude est parfois un peu pesante, mais le plus souvent tout va bien. On sort pas mal avec Antoine, pour qu'il voit des enfants, pour que je vois du monde, et pour qu'on ne reste pas enfermé dans l'appartement.
J'essaye d'installer une routine pour tous les deux, ça nous fait du bien, c'est peut-être un peu scolaire, mais je crois que j'en ai besoin. Ca évite de glander en réfléchissant à ce qu'on va bien pouvoir faire, je suis beaucoup plus efficace, l'appartement n'a jamais été aussi propre et bien rangé, je n'ai jamais passé autant de temps avec le Chaton et le Chatounot, j'ai retrouvé le temps de lire etc... Bref, que du bonheur.
(il faut dire qu'en commençant les journées à 5h30, voire 6h00 quand le Chatounot est coopératif, ça laisse du temps pour tout faire).

- Notre avenir : c'est là où tout va mal. Après Sydney, Chaton n'a aucune idée de l'endroit où nous allons atterrir.
Il cherche un nouvel hôpital prêt à l'accueillir pour acquérir des connaissances et de l'expérience, mais les places sont chères, les demandes sont nombreuses et émanent souvent de personnes plus âgées et expérimentées que lui. Difficile, stressant, la pression sur les épaules du Chaton est énorme.
S'il ne trouve pas de poste, ce sera retour direct aux Philippines, et là aussi recherche d'un hôpital où travailler dans de bonnes conditions et à un salaire acceptable.
Le Chaton passe des heures sur le net à se documenter, rechercher, envoyer des candidatures. J'ai l'impression qu'il vivrait un retour immédiat à Manille comme un semi-échec.

A cette pression, se rajoutent les problèmes de santé importants de Lolo, qui est en train de mourir de son troisième cancer. Même si Chaton dit avoir accepté la situation, les décisions à prendre (l'opérer ou non, le laisser à l'hôpital ou à la maison, quel traitement, dans quel condition et à quel prix ...) sont elles aussi génératrices de stress, sans compter la douleur de perdre son père.

 

Je garde pour la prochaine fois le "bilan" de nos rencontres à droite et à gauche, si le coeur m'en dit toujours.
Une réflexion drôle ou blessante sur le moment peut sembler si anodine par la suite.

10 septembre 2006

Reprise ?

Des mois sans mise à jour, il s'en est passé des choses pendant tout ce temps, tout raconter en détail ça serait pénible, donc on va faire ça par catégorie, histoire de ne pas tout oublier quand même :

- Les évènements :
    - Petit voyage d'une semaine à Hong Kong, où Chatounot et moi avons été surprendre Alexia. Très sympa, on a revu quelques amis, fait un peu de shopping, j'ai pu montrer à Antoine l'endroit où Maman et Papa se sont vus pour la première fois, l'immeuble où il a été conçu, l'ancien travail de Maman etc...

    - Long voyage en France, plus de 3 semaines, avec visite de toute la famille ou presque, rencontre de Chatounot avec ses cousins et cousines de France. Très sympa aussi, un peu difficile avec un temps pourri pendant 3 semaines et un bon rhume pour tous les 3, mais on a tous apprécié. Mais le temps est passé trop vite, on n'a pas eu le temps de voir tous mes amis en France et je le regrette beaucoup.

      - La venue de mon neveu pendant un mois, avec tout ce que ça suppose comme visites et sorties. Pas eu de chance non plus le pauvre, le temps a été bien pourri aussi, mais il a semblé apprécier quand même et parle déjà de son prochain séjour chez nous (où que nous soyons).

     - Le déménagement, parce qu'on commençait à craquer un peu, le Chaton et moi, dans ce studio mal foutu, où on était obligé de vivre dans l'obscurité à partir de 19h00 et de regarder la télé sans pouvoir l'écouter, tout ça pour  ne pas réveiller le Chatounot.

 Ca fait maintenant un mois ou presque qu'on est posé, à quelques rues de notre ancien chez-nous, ça facilite les choses. On a maintenant un deux-pièces sympa, et même si on partage toujours la chambre de bébé (ou l'inverse), on a à nouveau une vie après 19h00.

 

- Le Chatounot :
    - A appris à se tenir assis sans basculer
    - A appris à marcher à quatre pattes
    - A appris à se lever et marcher avec appui
    - A appris à applaudir, faire les marionnettes, dire au revoir, lever les bras en disant "hourra !!!"
    - A appris à voler la télécommande de la télé, celle du lecteur de DVD, le téléphone de Maman
    - Commence à apprendre à manger tout seul
    - Va à la piscine et est comme un poisson dans l'eau
    - Va au babygym régulièrement et y découvre les joies du vol de joujou, du ballon dans la figure et autres petits plaisirs de bébé
    - Danse devant les Wiggles (un groupe de chanteurs pour enfants australien)
    - A goûté et a apprécié le végémite (ceux qui connaissent comprendront que nous n'encourageons pas ce vice)

 

Je garde pour un jour prochain la suite de mes réflexions (mon moral, notre avenir, le bilan de nos visites à droite et à gauche), et m'en vais rejoindre mon Chatounot pour une bonne partie de jeu, parce que c'est quand même ça le plus important. 

04 avril 2006

Coucou

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03 avril 2006

Mylène, le retour !!!

Un long break, 2 mois ou presque, nécessaire pour se reprendre.
Se casser le bras (là haut, tout en haut de l'humérus, presqu'à l'épaule), ça n'a l'air de rien, mais ça change radicalement la vie.
Parce que du jour au lendemain, on peut oublier indépendance, intimité et vie tranquille.
Une semaine après la chûte, j'ai donc été opérée pour installer une longue vis dans l'os (à vue de nez 8 à 10 cms) et stabiliser la fracture.
Opération parfaitement réussie, j'ai maintenant une cicatrice d'environ 2 cms en haut du bras, et une vis à enlever d'ici quelques mois.
La douleur a fait un retour en force. Juste avant l'intervention, elle avait quasiment disparue, elle a fait un retour remarqué dès la salle de réveil. Ben oui, ils sont bien obligés de bouger les os dans tous les sens pour les remettre d'équerre, et le bras n'a pas aimé.
Après ça, 3 semaines avec le bras en écharpe 24 heures sur 24, et la peur toujours présente que les os bougent à nouveau.
 
Et puis enfin l'autorisation du chirurgien de "libérer" mon bras de l'écharpe quelques heures par jour, de plus en plus souvent jusqu'à ne plus garder l'écharpe que la nuit ou pour sortir.
Et parallèlement, on débute les séances de kiné à raison de 2 demi-heures par semaine (plus des exercices quotidiens à pratiquer à la maison).
Ca m'ai permis de reprendre un peu pied dans la vraie vie. Enfin, j'allais pouvoir (dans le désordre) :
- Mettre mes lentilles et abandonner les lunettes si peu adaptées à ma vue
- Prendre une douche seule (c'est Petit Chaton qui assurait le lavage, et étant donné ses horaires et sa fatigue, la moyenne était d'une douche 2 fois par semaine, ce qui étant donné la châleur de l'été était loin d'être suffisant)
- M'habiller seule (il m'a fallu quelques jours pour l'agrafage du soutien-gorge, vraiment pas facile avec une seule main)
- Me laver les DEUX mains, et non plus essayer maladroitement de laver la main droite
- Faire le ménage (et oui, la belle-mère n'étant pas mon "esclave", elle s'occupait essentiellement d'Antoine et de faire la vaisselle, une opération Grand Nettoyage après 4 semaines dans la crasse s'imposait)
- Couper ma viande / poulet / pizza
- Cuisiner
- Allaiter Antoine seule (obligé de le coucher sur une table à hauteur de ma poitrine)
Et j'en oublie.
Bref, de retrouver un peu d'indépendance.
 
Les visites chez le kiné étaient aussi les bienvenues. Enfin la possibilité de sortir de chez moi (la belle-mère ne sortant pas quand il fait trop chaud, ou quand il y a trop de soleil ou quand ... elle n'a pas envie, ce qui veut dire que les promenades du Chatounot ont été limitées à une par semaine durant tout son séjour chez nous).
Mais le travail à effectuer sur le bras est colossal. Après un mois d'immobilisation, j'ai perdu tous les muscles et toute la souplesse du poignet, du coude, de l'épaule. Et pris de très mauvaises positions qui même maintenant ne sont pas encore corrigées. Beaucoup de persévérance et de grandes douleurs. Mais on tient le bon bout, et je ne désespère pas pouvoir lever le bras en l'air dans les mois qui viennent (la kiné m'a dit de compter 6 à 9 mois pour récupérer la majorité des mouvements).
Après quelques semaines d'exercice, j'ai osé posé la question qui tue : quand vais-je pouvoir m'occuper seule du bébé ?
Réponse à tomber sur les fesses : dans 2 ou 3 mois. Pardon, 2 ou 3 mois à compter de la fracture ou de maintenant ? De maintenant !!!
Autant vous dire que ma déception a été immense, d'autant que la grand-mère d'Antoine ne pouvait pas rester au-delà du mois de mars. Retour à la case départ : trouver d'urgence une solution de garde pour Antoine. Seule solution : passer en France quelques mois avec ma famille, et laisser Petit Chaton seul à Sydney. Aaaaaaaaaaah !!!!!!
On a failli le faire, on a été à 2 doigts d'acheter les billets (grande question : je voyage seule avec Antoine et l'assistance des hôtesses de l'air, ou bien Chaton nous accompagne alors que ça ne l'arrange pas du tout et qu'on avait prévu un voyage là-bas pour plus tard ?).
Et puis j'ai décidé d'essayer de m'occuper d'Antoine seule.
On a testé progressivement le changement de couche, le lever du lit, la mise dans la poussette ou dans le transat, l'allaitement.
Et comme ça ne se passait pas trop mal, on est finalement tous restés à Sydney.
 
Ca fait maintenant 2 semaines que j'ai eu le feu vert pour jeter aux orties l'écharpe maudite (je l'ai évidemment gardée en souvenir). De nombreux mouvements sont toujours impossibles, m'occuper seule du Chatounot est parfois compliqué, mais on tient le bon bout, on fait avec, et si je me blesse parfois en essayant de le rattrapper avant qu'il ne tombe ou si je peine à conduire la poussette, dans l'ensemble on se débrouille plutôt bien.
La lola d'Antoine est repartie il y a une semaine, la vie a presque repris son cours normal, et je vais donc pouvoir revenir de temps en temps raconter mes aventures. Elle est pas belle, la vie ?