08 janvier 2007

Voyage à Manille - Sixème et dernière partie

Bon je tiens le bon bout, plus que quelques petites remarques sur le voyage, et on en a fini !!!
 
Il faut quand même signaler qu'Antoine n'était pas dans des conditions optimales pour faire une bonne impression sur la famille : il a profité du séjour pour percer 2 dents, avec fortes fièvres, manque d'appétit etc ...
Tout celà accompagné d'une bonne diarrhée (qui avait peu de chance de s'arranger car Lola essayait de le gaver de mangue et de melon - puisqu'il ne voulait rien manger d'autre - qui j'en ai peur ont tendance à accélérer le transit, mais comme je suis une bonne fille bien élevée - si si - et que ça ne risquait pas de tuer Antoine quand même, j'ai laissé faire). On l'a donc un peu shooté au panadol (pareil que du doliprane) et au bon lait de maman, parce qu'après tout il n'y a rien de meilleur. L'avantage, c'est qu'il faisait des siestes plus longues qu'à l'accoutumée, du style 1 heure, voire 2.
On a atteint le summum de son indisposition le samedi de notre départ. Ca a commencé par une petite visite impromptue de tonton Albert dans sa chambre (qu'il nous avait prêté pendant notre séjour) alors qu'Antoine faisait une sieste.
    - Euh, vous lui avez mis une couche ou pas ?
    - Ben oui, évidemment, pourquoi ?
    - Ca sent très fort le caca, et on dirait qu'il y en a sur le lit ...
Chaton a eu la mauvaise idée d'être plus rapide que moi, et il était donc le premier sur les lieux du crime : un caca astronomique et bien liquide, ayant débordé de la couche et tartiné le lit. Dans lequel il n'y avait évidemment pas d'alèse (j'en avais bien emmené une avec des draps pour lit de bébé, mais comme on n'avait pas de lit bébé ...), ce qui veut dire matelas bon à changer (ou au moins à laver à grande eau, je ne sais pas si tonton Albert a pu dormir dans son lit le soir de notre départ).
C'est donc lui (Chaton, pas tonton Albert) qui s'est chargé du déshabillage et du "douchage" (sans douche) d'Antoine. Et quand on sait l'horreur qu'il éprouve pour tout ce qui ressemble à un caca, on comprend combien il était paniqué et mal à l'aise (c'est la seule personne que je connaisse qui prend une douche systématiquement après chaque caca, sans doute au cas où il en aurait un morceau collé au derrière - mais chut, j'ai rien dit, c'est un secret).
Là où j'étais un peu plus paniquée et mal à l'aise, c'est le soir, quand Antoine, alors qu'on montait dans l'avion allant de Kuala Lumpur à Sydney, s'est décidé à nous gratifier d'un petit vomi. En étant dans mes bras. J'ai laissé aux hôtesses de l'air le soin de nettoyer le sol, bien maculé, car j'étais moi-même un peu occupée à changer Antoine (j'avais prévu 2 ou 3 tenues de rechange pour lui) et à ... essayer de trouver une solution pour remplacer mon T-shirt enduit de vomi (et là, manque de chance - et d'expérience - ben j'avais pas de tenue de rechange du tout). Heureusement que je voyage toujours avec une petite laine (ou plutôt une veste), ça m'a permis de ne pas me montrer trop dénudée pendant le voyage. Et j'ai inauguré aussi le lavage de cheveux dans les toilettes de l'avion. Bref, un grand moment et des souvenirs pour très longtemps.
Pour la petite histoire, Antoine a perdu 500 grammes en 2 semaines de vacances à Manille, et a repris en 15 jours ... 700 grammes.
Et à l'arrivée à Sydney, c'est moi qui était malade (appelez-moi Vomito) et qui était une loque pendant 2 ou 3 jours. Heureusement ça n'a pas duré, car s'occuper d'Antoine à temps plein quand on a la tête dans le derrière, ben c'est pas évident.
 
Mais notre départ de Manille ne s'est pas effectué aussi sereinement que nous l'aurions souhaité, et on n'a même failli ne pas partir du tout.
Pas à cause du typhon qui a touché Manille l'avant-veille (il est passé un peu plus loin en fait, et nous n'avons eu que de fortes pluies, c'est tout).
Mais par manque d'argent.
On était pourtant arrivé largement à l'heure pour l'enregistrement, tout semblait se passer normalement, quand Chaton me dit "ils me demandent de payer une taxe que je n'ai jamais eu à payer jusqu'à présent, il faut que je vérifie ce que c'est". Soit, vérifie, mon petit, vérifie. Pendant ce temps, j'essaye d'occuper Antoine comme je peux. Les explications durent longtemps, vraiment longtemps, ça parlemente, je le vois qui part, qui revient l'air pas content et me dit "ben vous allez devoir partir tous les deux, je suis obligé de rester ici, ils ne veulent pas me laisser embarquer".
En effet, il devait payer pour la première fois une taxe d'"expatrié" dont il n'avait jamais entendu parler, et qui s'applique aux Philippins travaillant à l'étranger mais n'étant pas résident permanent de leur pays d'accueil. Et si on ne paye pas, impossible de partir, la compagnie aérienne ne donne pas la carte d'embarquement
 
Il faut le savoir, les salaires des Philippins sont plutôt bas, et c'est d'ailleurs pourquoi des centaines de milliers de Philippins partent tous les ans (10 millions de Philippins habitent hors des Philippines sur une population totale de 90 millions, contre environ 1,7 millions de Français à l'étranger sur une population totale de 60 millions). Et les Philippins de l'étranger envoient régulièrement de l'argent à leur famille restée sur place. Quand on est à Manille, on fait donc les fonds de poches avant de partir, et on ne garde avec nous que le minimum, c'est-à-dire de quoi payer la taxe d'aéroport et éventuellement un verre d'eau.
Donc le pauvre Chaton n'avait pas assez de peso pour payer cette nouvelle taxe, et pas de téléphone portable pour contacter tonton Albert et lui demander de rapporter de l'argent (notre téléphone portable ne fonctionne qu'en Australie). Et la carte de crédit n'est pas acceptée. Et il n'y a pas de distributeur d'argent dans l'aéroport (c'est vraiment un aéroport pourri).
Heureusement que je suis une petite filoute qui sait combien les surprises arrivent vite en voyage, et qu'un peu d'argent frais est toujours le bienvenu : j'avais glissé dans mon sac quelques dollars US !!! Chaton ne s'en rappelait plus (mémoire sélective, ce qui sort de ma bouche est oublié aussi vite qu'entendu), et pensait sincèrement devoir nous laisser partir sans lui. On était ric rac au niveau argent, juste de quoi se payer un café et un petit gâteau à l'aéroport de Kuala Lumpur entre nos 2 vols (chance inouie, il n'y avait pas de retard d'avion).
 
Juste une dernière petite remarque sur les vols : on a donc voyagé avec Malaysian Airlines, et autant Chaton a détesté les repas (le petit déjeuner était particulièrement minable, juste un sandwich), autant j'ai trouvé le système vidéo génial : écran individuel (jusque là pas grand chose de remarquable), avec un énorme choix de films (là comme ça à vue de nez une trentaine), sélectionné individuellement, avec donc possibilité de commencer le film quand on veut, de le mettre en pause, de faire une avance rapide, de choisir plusieurs langues (dont le français), bref comme un lecteur DVD.
Et ça, quand on est obligé de se lever régulièrement pour aller se promener dans l'avion avec Antoine, c'est super appréciable !!!
 
Voilà, a priori, c'est terminé, je glisse très rapidement sur mon dîner d'anniversaire au restaurant avec toute la famille, dîner que j'ai mangé froid car il fallait bien s'occuper d'Antoine, et que bien évidemment tous les autres étaient occupés à manger (mince, c'est MON anniversaire, je devrais pouvoir manger chaud quand même !!!)
 
Suite de nos aventures à Manille, ben quand on déménagera là-bas.

03 janvier 2007

Voyage à Manille - Cinquième partie

Cette B. habite donc dans un village chic. J'ai bien essayé de demander à Chaton si on pourrait acheter une maison là-bas, mais il semble que les prix soient trop élevés pour son maigre budget (pourquoi j'en ai choisi un pauvre ????)
D'après lui, la moins chère des maisons coûterait 15 000 000 de pesos, soit 230 000 euros, ou 300 000 USD. Pas donné quand même, sachant que le salaire moyen pour un chirurgien (d'après Chaton) est entre 1000 et 2000 USD (Linda, la bonne à tout faire de la famille, est payée quelque chose comme 50 euros, ou 60 USD).
La (demi-)soeur de Chaton a des activités multiples. Elle crée des bijoux et articles de décoration artisanaux, qu'elle vend aussi à Bahrain (et non Dubai comme je l'avais mis dans un précédent message), là où elle habitait avant et où elle a gardé des contacts (ses bijoux sont d'ailleurs portés par la famille royale de Bahrain, si si). Elle possède une plantation de teck. Elle est en train de faire construire un petit hôtel. Et elle s'occupe aussi à ses heures perdues de son agence immobilière. Elle connait donc assez bien le marché, et nous a fait visiter quelques villages dans lesquels les maisons ont un prix plus abordable. Les maisons là-bas sont moins grandes qu'à Ayala Alabang Village, et semblent moins luxueuses, mais le plus important c'est qu'on puisse avoir un toit. Et a priori on devrait pouvoir investir dans une petite maison dans un village avec club-house, piscine et courts de tennis. Cool, non ?
 
A part du tourisme immobiliser, on est allé à Tagaytay, une ville située à une soixantaine de kilomètres au sud de Manille, en bordure du lac Taal, avec un superbe volcan au milieu (on a vérifié avant, les chances d'une éruption étaient modérées).
 
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C'est une destination assez prisée des Manillais pour la journée ou le week-end, car Tagaytay est située à 600 mètres au-dessus de la mer, et bénéficie donc d'un climat un peu plus doux et un air plus sain que Manille (la température moyenne est de 23° contre 28° pour Manille). Il y a plein de petits restaurants, de petits hôtels (et bientôt celui de la demi-soeur de Chaton donc), et on peut apparemment faire des promenades en bateau sur le lac, et aller voir le volcan de plus près (à faire une autre fois quand nous habiterons à Manille pour de bon).
Il y a aussi un petit zoo là-bas, et honnêtement, je ne le conseille pas aux amis des animaux. Des toutes petites cages, mal entretenues. Quelques animaux faméliques. Je crois que ce qui m'a le plus marqué, c'est le lion blessé, avec la chair qui pendouillait de sa plaie.
 
La seule autre chose qu'on ait faite à part ça, c'est la visite des centres commerciaux, et ils ne manquent pas à Manille !!! On est allé notamment au "Mall of Asia", le plus grand centre commercial du pays, et le troisième plus grand au monde. On peut largement y passer la journée. Il y a des magasins Zara, Marks & Spencer, Tag Heur, Calvin Klein et autres marques célèbres. Ces visites nous ont permis de voir un peu ce qui se fait et se vend aux Philippines, et ce dont on va devoir apprendre à se passer.
En fait le shopping, c'est la grande sortie du dimanche. Dans un sens, je les comprends, c'est gratuit et il y a l'air conditionné. Mais franchement toute cette foule, je ne trouve pas ça très reposant. On est allé un dimanche au centre commercial d'Alabang, moderne et mignon. Mais on a eu la fâcheuse idée de se garer à côté de l'église. Et quand on est sorti le soir, c'était l'heure de la messe. Ce qui veut dire des centaines de personnes qui se réunissent. Et ça déborde de l'église. Le curé a une bonne sono, on l'entend sans problème de l'extérieur. Et les gens sont bien équipés, ils emportent des petites chaises pliantes pour mieux être installés à l'extérieur. Mais ça déborde tellement qu'il nous a fallu plusieurs minutes pour arriver à récupérer notre voiture et repartir.
Petite note pour le futur : ne pas se garer près d'une église à l'heure de la messe.

02 janvier 2007

Voyage à Manille - Quatrième partie

Je parlais donc la dernière fois du village où habite les parents de Chaton. Soyons clair, ils n'habitent pas à la campagne. Ils habitent bien à Metro Manila, la capitale des Philippines, qui est composée de 16 municipalités, dont Parañaque (là où vie la famille Chat) qui se trouve au sud.
 
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Il y a environ 450 000 habitants, et oui, ça change de mon petit village briard natal et ses 2500 habitants!!!
C'est donc une grande ville en soi, divisée en 16 districts. Celui où habite les Chat s'appelle San Antonio (en bleu clair en bas à droite)

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Et ce district est lui-même divisé en 3 villages (oui, oui, on y arrive ...), San Antonio Valley, Malacañang Village et Barangay Village. Et c'est dans ce dernier que se trouve la maison de famille (en fait, le nom est un peu débile, car "Barangay" ça veut dire village, donc le nom de leur village c'est "Village village").
Chaque village est censé être plus ou moins gardé, avec un contrôle des voitures qui entrent et qui sortent. Ca fonctionne bien dans les villages "chics" (c'est-à-dire les villages dans lesquels les frais de gestion et entretien sont bien élevés), mais c'est loin d'être aussi strict dans les autres (et donc dans le Barangay Village on entre et on sort comme on veut).
 
Sur place, j'ai pris contact avec une association de Français(es), pour tâter un peu l'ambiance. La personne m'a répondu très rapidement, et nous sommes donc allés lui rendre visite, histoire que je me rende un peu mieux compte de ce qui allait m'attendre quand on ira s'installer là-bas, ce que je pouvais espérer comme style de vie, comment occuper les journées etc ...
B. nous a reçus dans sa magnifique maison de Ayala Alabang Village, un des villages très chics de Metro Manila. Son mari travaille pour une société française, qui en plus de payer un très bon salaire et une bonne assurance-maladie, prend aussi en charge la location de la maison (5 chambres, 7 salles de bains, piscine), les 2 voitures et chauffeurs, le jardinier, la bonne à résidence, l'école privée des 3 enfants.
Bref, des conditions de vie très sympas, ce que malheureusement je n'aurai pas (sauf si on gagne au loto bien sûr).
Avec ça, très gentille, cette B., très simple, et tout à fait consciente de la chance qu'elle a de mener cette vie, et du fait que ça ne se reproduira sans doute jamais pour eux (ils sont là a priori pour 2 ans seulement). C'est leur première expatriation en Asie, donc ils en profitent pour voyager à droite et à gauche, aux Philippines bien sûr, mais aussi en Thailande, Chine, Indonésie, etc ... Les petits veinards !!!
En tout cas, elle est super enthousiaste sur les Philippines (mais d'un autre côté, comme elle n'a jamais vécu dans un autre pays asiatique - seulement en France et en Grande-Bretagne - elle n'est peut-être pas trop à même de comparer avec ce qui se passe ailleurs). Et apparemment la communauté française là-bas (1300 personnes immatriculées à l'ambassade) est assez active, et dans l'ensemble sympathique. Ouf !!!
 
J'avoue que cette visite (et les 2 semaines passées à Manille) m'ont largement rassurée sur notre installation là-bas.

La suite de nos aventures très bientôt ...
  
  

26 décembre 2006

Voyage à Manille - Troisième partie

Une petite anecdote sur le manque de respect d'Antoine envers son Lolo (ou bien sur la complicité qui les unit, ça dépend comment on voit ça) : la famille avait fait à la maison une sorte de petit autel à la mémoire de Lolo, avec une belle photo de lui, une petite croix (le côté catholique de la famille - Tonton Albert est semble-t-il très croyant, Tonton Andrew beaucoup moins, et Chaton pas du tout), et une corbeille de fruits avec des bananes et du raisin (ça c'est le côté vietnamien - Lola a hésité à faire brûler de l'encens, mais ça sent un peu fort quand même).
Toute la famille se réunissait les premiers soirs pour prier devant ce mini-autel, pendant les 9 premiers jours (c'est la tradition catholique aux Philippines, qui culmine le 9ème jour par une prière plus générale avec quelques amis, suivie d'une collation, les Philippins pensent toujours à leur ventre).
Et bien Antoine allait régulièrement piquer du raison à son grand-père, malgré notre surveillance de tous les instants !!!
 
De la surveillance, il en fallait effectivement beaucoup, parce que la maison des grands-parents n'est pas vraiment sécurisée pour un petit enfant. A leur décharge, il est vrai que notre arrivée a été un peu imprévue, et qu'ils avaient la tête à autre chose que préparer la maison pour l'arrivée du petit monstre.
Et puis quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, rendre une maison totalement sûre pour un bambin, c'est mission impossible.
Je passerai donc sur les fils électriques bien en évidence et bien tentateurs pour Antoine, tout en notant que l'installation électrique n'est pas vraiment excellente, comme en témoignent les décharges que Tonton Andrew se prenaient régulièrement en branchant l'ordinateur.
Je mentionnerai juste rapidement les dizaines de bibelot rapportés de divers voyages par la famille, exhibés sur la table basse ou des étagères à hauteur de bébé. Lola a réagi au bout d'une semaine en demandant à Linda de mettre en hauteur tous les petits sujets en céramique, ouf !!!
Aller jouer dans la cour demandait une surveillance particulière. Comme je l'ai mentionné précédemment, l'approvisionnement en eau est assez spécial. L'eau du réseau public ne fonctionne pas 24h sur 24, et il y a donc 2 réservoirs d'eau assez grands (et en hauteur heureusement) pour avoir de l'eau dans la cuisine et dans la salle de bains tous les jours ou presque (c'est en fait un camion-citerne qui vient les remplir, et entre le moment où on s'aperçoit que le réservoir est vide et celui où le camion arrive, ben on est sans eau - heureusement qu'il y a 2 réservoirs).
Le problème, c'est pour la lessive. Il y a bien une machine à laver, mais Lola préfère ne pas l'utiliser pour les vêtements, car ça use le linge. C'est donc lavage à la main pour tout le linge ou presque. Et ça demande beaucoup d'eau. Il y a donc tout un tas de jerrycan, baquets, poubelles, etc ... remplis d'eau (et c'est donc pour ça qu'une personne se lève régulièrement à 4h00 du matin pour les remplir - et tant pis pour le bruit). Et comme la plupart des enfants, Antoine ne peut s'empêcher d'aller barboter dès qu'il voit ne serait-ce qu'une flaque. Il fallait vraiment avoir un oeil sur lui constamment, même si Antoine est assez à l'aise dans l'eau, une noyade est vite arrivée.
 
Mais là où j'ai eu la plus grosse crainte a posteriori, c'est le matin où Antoine et moi étions seuls à la maison et où je me suis décidée à faire une petite séance photo. On était tous les deux dans la cuisine, et Antoine s'amusait à transvaser les pommes de terre d'une gamelle à une autre. Je m'installe donc à quelques pas et je commence à le mitrailler. Pas très facile car la cuisine est assez sombre (comme je l'ai dit l'installation électrique n'est pas super, et il semblerait que toutes les lumières de la cuisine ne fonctionnent pas). Antoine continue son petit jeu, puis décide de s'asseoir un peu plus loin en jouant avec quelques ustensiles de cuisine posés en bas d'une étagère. Je relève le nez de mon appareil après quelques photos, pour m'apercevoir, horreur, que les ustensiles en question n'étaient autres que les couteaux à viande et autres hachoirs. Heureusement pas de coupure, mais franchement on aurait pu aller à la catastrophe.
 
Bon, d'un autre côté, comme il n'y avait pas beaucoup de jouets à la maison (juste 3 ou 4 qu'on avait apportés), il fallait bien qu'Antoine les remplace par autre chose.
 
C'est vrai qu'on s'est un peu ennuyé tous les trois, surtout les premiers jours parce qu'on n'avait pas de voiture. Le tour de la maison est assez vite fait quand même, aller admirer la poule dans le jardin, ça va bien 5 minutes, mais ça n'occupe pas les journées.
Alors Antoine et moi allions nous promener dans la rue. Pas de trottoir dans ce quartier, on joue en direct sur la chaussée, en se poussant de temps en temps quand passe une voiture ou une moto-taxi. Les rues sont assez animées bien que ce soit un quartier résidentiel sans commerce : entre les chiens et les chats sauvages, les enfants, les "bonnes" qui se retrouvent pour papoter, les coqs, le petit singe des voisins et les passants, on avait pas mal de choses à admirer. Dommage qu'Antoine soit encore un peu trop réservé pour aller jouer avec les petits enfants, ça l'aurait bien occupé (en fait, ce ne sont pas les enfants qui l'intimident, mais les adultes qui sont avec eux). J'avoue que je gardais quand même Antoine sous haute surveillance, d'une part parce que les chiens sauvages sont réputés pour attaquer de temps en temps (c'est ce qu'on m'a dit, mais je n'en ai pas fait l'expérience), et d'autre part à cause d'une petite chûte d'Antoine : il était en train de marcher tranquillement, quand il a soudain perdu l'équilibre pour atterrir ... dans la boue du caniveau. Et comme le dit Chaton, un caniveau c'est déjà pas bien propre, mais alors un caniveau manillais, c'est encore pire !!!
Ces petites promenades nous ont permis de faire quelques rencontres, les Philippins sont plutôt accueillants et curieux, ça tape la discute.
Le voisin me raconte que lui aussi comme Lolo a travaillé au Vietnam à la même époque, qu'il avait projeté d'épouser une Vietnamienne (comme Lola donc), mais que sa famille le lui avait fortement déconseillé, apparemment pas très chaude sur les Vietnamiens, et qu'il s'était donc marié à une Philippine (était-ce un message à propos de Lola ?)
Un monsieur dans la rue me demande si le petit est bien le petit-fils du défunt Jesus "Chat". Euh oui, mais comment il sait ça ? (bon peut-être parce que j'étais la seule Occidentale à habiter dans le quartier)
Tout le monde essaye de jouer avec Antoine ou au moins d'obtenir un sourire (peine perdue, monsieur jouait le timide).
Bref il règne une bonne ambiance dans le village où habite la famille Chat...

22 décembre 2006

Voyage à Manille - Deuxième partie

Bon allez, je me donne 30 minutes pour continuer mon petit roman de vacances.
 
Alors juste pour finir sur le délicat chapitre du cododo avec Antoine, je tiens à souligner qu'Antoine m'aime autant que ses nounours, j'en ai eu la preuve un matin, quand à son réveil et alors que je lui tournais le dos, Antoine a grimpé sur mon dos pour pouvoir ... directement aller me mordre le nez (c'est sa façon à lui d'embrasser ses peluches).
 
 
Bon reprenons donc le cours du voyage. Donc le dimanche matin avait lieu la crémation de Lolo, moment assez peu réjouissant et un peu tendu comme vous pouvez vous en douter.
Départ de bon matin pour le funérarium, re-coucou à Lolo, Antoine au bout de quelques temps commence à somnoler, on l'enfourne dans sa poussette et on part le promener dans les couloirs. Je retourne à la salle de Lolo et là je me fais accueillir en français par ... la soeur de Chaton.
Alors là, je pense qu'il est indispensable que j'ouvre une parenthèse explicative. Jusqu'à ce jour, la version officielle était que Chaton a 2 petits frères et une grande soeur, laquelle vit avec son mari et ses 2 enfants à New-York, et s'étant déplacée pour présenter sa petite Chloé à son Lolo au mois d'août, n'envisageait pas de venir pour les funérailles. Seulement la vérité est toute autre : Chaton a en fait 2 frères, une soeur et ... 5 demi-soeurs et un demi-frère. Et oui, Lolo, avant de partir travailler pour le Vietnam où il a rencontré Lola, avait déjà fondé une famille avec une jeune Philippine. Laquelle a comme on peut s'en douter très mal accepté son mariage avec Lola. Les relations entre les deux parties de la fratrie sont donc plutôt mauvaises, et les demi-frères et soeurs ne se connaissent pratiquement pas. Chaton a passé plus de temps pendant ce séjour avec sa soeur Marissa (celle qui parle français) que pendant tout le reste de sa vie, c'est vous dire. Juste pour situer les choses, trois des demi-soeurs vivent à Manille, une autre aux Etats-Unis, je crois que le frère est au Canada, et la dernière soeur, sans doute aux Etats-Unis aussi, et c'est là que se termine la parenthèse.
 
Marissa parle donc un français presque parfait, elle l'a appris lorsqu'elle vivait à Dubai avec son mari (maintenant ex-mari), un financier américain. Elle a une fille qui parle couramment français elle aussi, étudiante aux Etats-Unis. Antoine et moi aurons au moins quelques personnes avec qui pratiquer notre français lorsqu'on habitera à Manille.
On était donc presque dans un enterrement "à la Mitterrand", avec la femme officielle, les enfants du premier lit et ceux du second (mais la première "femme" étant absente).
Je me sens obligée d'ouvrir une seconde parenthèse rien que pour moi parce que là comme ça, j'ai un petit doute. Il faut savoir que le divorce est interdit aux Philippines. Je me demande donc si Lolo était marié avec la mère de Marissa ou pas (et lui faire 6 enfants sans être marié, c'est quand même pousser le bouchon un peu loin), ou si lui et Lola étaient mariés ou pas (Chaton est-il donc comme son fils le rejeton d'un couple "illégal" ?). Va falloir que je fasse une petite enquête.
 
Oui, donc enterrement à la Mitterrand, et j'ai remarqué quelques légers couacs lors du "passage du goupillon" (désolée, je ne connais pas bien les termes techniques) : dans quel ordre faire passer la famille ? D'abord la veuve, ses enfants, puis les enfants du premier lit ? Ou bien l'inverse ? Au final, ça a été tout mélangé, mais j'ai senti quelques réticences de la part des demi-soeurs de Chaton.
 
Au final, Lolo a bien été incinéré, le processus est quand même assez long, et j'ai trouvé très malsain tous les "invités" qui se précipitaient vers la porte vitrée dès que les assistants des pompes funèbres ouvraient la porte du four (techniquement je ne sais pas bien pourquoi ils ouvrent cette fichue porte si souvent, mais il doit y avoir une bonne raison). Ses cendres sont parties chez Marissa, à savoir ce qu'elle en fera ...
 
Antoine quant à lui a dormi pendant toute la durée de la cérémonie, le voyage et la châleur l'ont crevé, et ne s'est réveillé que pour la petite collation d'après cérémonie. Quant il s'agit de rendre hommage à la famille, sachez qu'on ne peut pas compter sur lui.

20 décembre 2006

Voyage à Manille - Première partie

Allez, je vais prendre la demi-heure nécessaire pour immortaliser le premier voyage d'Antoine dans son pays d'origine.
 
Les circonstances n'étaient vraiment pas optimum, même si on savait son grand-père très malade, on espérait qu'il "tiendrait" quelques semaines de plus, et on venait juste de payer les billets d'avion pour un départ le 19 décembre (la peau des fesses, parce que c'est haute saison).
Malheureusement, Lolo nous a quitté le 15 novembre, donc changement de programme.
Il faut ré-organiser les billets d'avion, et bien évidemment ajouter encore quelques centaines de dollars (ou d'euros) pour pouvoir partir rapidement.
On nous donne le choix entre 2 dates, départ le vendredi soir pour une arrivée le samedi, ou  le samedi soir pour une arrivée le dimanche. Chaton choisit la deuxième option, parce que le transit à Kuala Lumpur ne dure que 2 heures contre 8 heures  pour le départ le vendredi. Je ronchonne un peu, l'enterrement est prévu pour le dimanche matin, et ça ne me plait pas d'arriver après alors qu'on vient pour ça. Chaton y se range finalement à mes arguments, et on croise les doigts en espérant que l'aéroport de Kuala Lumpur ne soit pas minuscule et ennuyeux.
Il ne l'est pas du tout, et c'est tant mieux parce que ... on y est resté au final 10 heures, le second avion ayant du retard. On a donc eu tout le temps de le parcourir en long, en large et en travers, de jouer dans l'aire réservée aux enfants, d'admirer les travaux destinés à accueillir l'A380, pour Antoine de découvrir les joies du tapis roulant (et pour son père celles du tapis roulant qui ne se met en marche que quand quelqu'un monte dessus, j'amuse mes petits hommes avec un rien, comme vous pouvez le voir).
 
Au final, ce voyage Sydney - Kuala Lumpur - Manille nous a non seulement coûté autant que d'aller de Sydney à Paris, mais le temps de voyage est également le même. Chaton ne pourra plus se plaindre que mes parents habitent à l'autre bout du monde.
 
Arrivée à Manille dans la soirée, réception à l'aéroport par Tito Albert et sa copine Elaï, il fait une châleur terrible, la route pour parcourir les quelques kilomètres pour aller à la maison familiale est bien embouteillée, mais bon rien d'étonnant, c'est Manille ...
On fait une petite pause à la maison, histoire de poser les valises et dire bonjour à Lola ("Mamie" en tagalog), et on repart pour le funérarium, il y a veillée funèbre depuis le jeudi. On hésitait un peu avec Chaton, lui voulait y aller bien sûr, moi aussi, mais je me voyais mal emmener Antoine là-bas (pas trop sa place) ou le laisser dès notre arrivée aux mains d'"inconnus". Mais Tito Albert a tranché, on y va tous, Antoine a lui aussi le droit de voir son grand-père.
On l'a donc vu (cercueil ouvert bien évidemment), et c'était une grande première pour lui comme pour moi. Antoine n'a pas semblé perturbé du tout, il s'est bien amusé avec les fleurs, a fait connaissance avec les amis de la famille et quelques lointoins cousins et s'est éclaté avec Linda, la "bonne à tout faire" de la famille.
Et puis retour à la maison vers 10h du soir, Antoine reste un bébé malgré tout et a besoin d'un bon dodo.
 
Les choses se gâtent un peu, j'avais demandé à Chaton y qu'il essaye d'organiser 3 petites choses : un siège-auto pour la voiture, une chaise haute pour les repas, et un lit-bébé.
Les deux premières n'ont même jamais été mentionnées, ici les enfants voyagent sur les genoux des adultes (en un sens ça m'arrange, parce qu'entendre Antoine pleurer pendant des heures dans son siège-auto, j'avoue que ça me fend un peu le coeur), ils prennent leur repas sur les genoux des adultes (j'apprécie nettement moinsn c'est pas très facile de viser la bouche quand on ne la voit pas, mais il n'y a pas mort d'homme). Quant à la troisième, Tito Albert s'est effectivement procuré un lit de voyage ... mais ce dernier est cassé et impossible à déplier. Ce sera donc co-dodo pendant tout le séjour, Antoine entre Papa et Maman.
Sauf que le lit n'est qu'un lit double, donc pas très très large. Et qu'Antoine a l'habitude de prendre ses aises et de remuer toute la nuit. Et que ce n'est pas la proximité de Papa ou Maman qui vont l'en empêcher. On va donc passer deux longues semaines à se prendre des claques et des coups de pied à longueur de nuit (le pire, ce sont les coups de pied dans le visage, Antoine ayant le chic pour se mettre en transversale tout en haut du lit), à se faire réveiller toutes les 3 heures en gros parce qu'Antoine n'a pas la place nécessaire pour se retourner (et pour éviter de réveiller toute la maisonnée, monsieur avait droit à une petite ration de lait maternel, mauvaise habitude !!!), ou bien parce qu'il est tout simplement tombé du lit (oui oui, même en étant entre nous, tout simplement parce qu'à force de se retourner il s'est retrouvé avec sa tête à nos pieds et qu'il a continué ses mouvements de glissement alors qu'il n'y a pas de "pied de lit" pour l'arrêter - fort heureusement ce n'est arrivé qu'une fois, et le lit n'est pas bien haut), tout en ayant toujours droit au réveil à 5h30 ou 6h00 du matin, qui semble encore plus matinal quand on est dans une maison étrangère avec rien à faire de la journée.
 
D'un autre côté, comme d'une part les coqs se mettent à chanter très tôt (certains dès 3h00 du matin) et que tous les voisins ont au moins 2 coqs, et que d'autre part l'accès a l'eau public ne fonctionne en gros que de 3h30 à 4h30 du matin (le reste de la journée, le robinet reste sec - fort heureusement toutes les maisons sont équippées de grands réservoirs d'eau pour pouvoir bénéficier de l'eau courante toute la journée) et qu'il faut donc remplir toutes les gamelles d'eau à ces heures-là, ce qui suppose pas mal de bruit, un peu plus d'animation ou pas, ça ne change pas grand chose.
Vous l'aurez compris, les nuits dans la maison des Chats ne sont pas très reposantes.